Conversation avec Ariane Komorn : Co-fondatrice de La Solive (Première partie)

Conversation avec Ariane Komorn :               Co-fondatrice de La Solive (Première partie)

Nous avons discuté avec Ariane Komorn qui est la co-fondatrice de La Solive et une ancienne de chez McKinsey. Ariane nous parle de son évolution du monde du conseil vers celui de l’entrepreneuriat. Elle nous fait part des différentes étapes qui ont été nécessaires à la création de La Solive – une plateforme de formation au métier de la rénovation énergétique.

Peux-tu nous parler de ton background avant la création de La Solive ? 

J’ai fait du conseil en stratégie pendant 3 ans et demi chez McKinsey au bureau de Paris. J’ai notamment travaillé sur des missions de stratégie et de transformation opérationnelle pour le secteur industriel. J’ai énormément appris !

En 2017, j’ai saisi une opportunité assez exceptionnelle. Je m’étais engagée à titre personnel dans la campagne présidentielle. Puis, au lendemain de l’élection, j’ai été recrutée au sein d’En Marche, le mouvement créé par Emmanuel Macron, pour y développer des projets innovants destinés à réinventer la façon de faire de la politique. J’y ai monté différents programmes, structuré une équipe et dirigé le “Pôle engagement” pendant 3 ans. Sans m’en rendre compte, je faisais déjà l’expérience de l’entrepreneuriat et ça m’a passionnée !

L’année dernière, durant la crise sanitaire de la Covid-19, je me suis posé beaucoup de questions concernant mon orientation professionnelle. J’ai  suivi un parcours de réflexion et de coaching pour identifier ce que je souhaitais réellement faire. C’est là que j’ai pris conscience que je m’épanouissais dans ma vie professionnelle dans des challenges qui me demandaient de développer une vision, de faire preuve de créativité, de rassembler des personnes talentueuses et d’essayer d’avoir un impact positif sur la vie des gens.

C’est ma coach qui a fini par me dire que ça ressemblait fort à un rôle d’entrepreneur. Je crois que ça ne m’avait pas traversé l’esprit. Je ne viens pas d’une famille d’entrepreneurs, ce n’était pas du tout mon univers. Alors, je me suis dit qu’il fallait creuser cette piste. J’ai commencé à rencontrer plein de gens et en particulier des entrepreneurs. C’est comme ça que j’ai finalement décidé de me lancer, ce qui a débouché quelques mois plus tard sur La Solive.

Combien de temps a pris cette transition vers l’entrepreneuriat ?

J’avais commencé à me poser des questions un peu avant la crise de la Covid. C’est la pandémie qui a accéléré ma remise en question sur différents plans de ma vie. D’abord, j’avais le sentiment d’être arrivée au bout de la mission qui m’avait été confiée au départ au sein d’En Marche. Ensuite, j’ai beaucoup lu à cette époque sur la transition écologique et j’ai franchi un cap dans ma prise de conscience de l’urgence climatique. Ça oblige à se demander : et moi, qu’est-ce que je fais à mon échelle pour lutter contre ce drame qui est le challenge de notre génération ? Au début, c’est assez vertigineux : je ne savais pas du tout par quel bout le prendre. Il y avait des centaines de directions possibles, surtout quand tu as fait un parcours qui reste assez généraliste.

D’abord en termes de structure : le secteur public, la stratégie de développement durable d’un grand groupe, une start up de l’ESS ?….
Puis en termes de thématique : la mobilité, l’économie circulaire, l’agriculture ?… 

Au total, ça m’a pris près de 6 mois pour choisir la voie de l’entrepreneuriat, puis encore 3 mois pour décider de me tourner vers le secteur du bâtiment et de la rénovation énergétique et pour bien définir ma proposition de valeur. 

Suite à cela, comment t’es tu organisée ? 

En creusant les différentes thématiques de la transition écologique, je me suis rendue compte que la rénovation énergétique des bâtiments cochait pas mal des cases qui m’intéressaient. D’abord, c’est un secteur déterminant pour la réduction de nos émissions (25% des gaz à effets de serre viennent du bâtiment). Ensuite, c’est un secteur qui adresse un besoin vital (habiter) avec d’importants challenges techniques (l’isolation de tous nos bâtiments suppose d’inventer de nouveaux matériaux, de nouveaux procédés, de nouvelles technologies…).

J’ai donc essayé de comprendre les principaux points de blocage, qui font qu’on n’accélère pas suffisamment sur la transition énergétique du parc bâti. J’ai contacté des responsables d’entreprises du secteur. Tous ont confirmé 2 points : d’une part, le marché décolle depuis quelques années, avec une demande extrêmement forte pour rénover des maisons et immeubles (on estime qu’il a fait x3 sur les 5 dernières années). D’autre part, tous ont des difficultés pour recruter des personnes qualifiées et former leur personnel et doivent refuser des chantiers à cause de cela.

A une période où beaucoup de gens ne se plaisent plus dans leur travail ou sont dans des filières bouchées, l’idée était assez simple : aider ceux qui le souhaitent à se reconvertir vers les métiers hyper porteurs de la rénovation énergétique des bâtiments.

Donc tu as dû faire beaucoup de travail personnel et des études de marché.

Oui, exactement ! La clef c’est de comprendre le marché en interrogeant un maximum d’acteurs de ce marché, en ciblant des boîtes de toutes tailles et de tous corps de métier. Il est aussi important de comprendre quels sont leurs plus gros besoins et les plus grosses difficultés qu’ils rencontrent. Il faut ensuite les poser et se demander sur quoi j’aurais les compétences pour proposer une solution.  

Quel a été le retour que vous avez eu quand vous avez communiqué sur vos parcours de reconversion professionnelle ? Est-ce que cela a bien fonctionné ou mieux que ce que vous attendiez ? 

On a organisé des événements avec différents partenaires pour parler des métiers de la rénovation énergétique. Il y a eu beaucoup plus de traction que prévu. On s’est rendu compte que ce secteur intéresse beaucoup de monde et qu’il coche les cases que ces personnes recherchent dans leur job. Il était intéressant de voir que les personnes intéressées par le parcours ont des profils très variés et viennent de tous horizons professionnels. Ils ont souvent pour point commun le fait de vouloir un métier qui leur donne la possibilité de pouvoir exercer partout en France, avec un impact très concret,à la fois environnemental et humain. En effet, avec les travaux de rénovation énergétique, on réduit  les factures du logement, son impact écologique, mais surtout on améliore le bien-être de ses occupants, leur confort et même leur santé.

Sur ce genre de mission, je suppose que le fait d’avoir un passé de consultante t’a énormément aidé pour comprendre quels sont les besoins et comment trouver les experts.

Le fait d’avoir un passé de consultante aide sur plusieurs aspects tels que structurer le besoin, le comprendre, l’analyser, et le hiérarchiser  pour identifier les problématiques les plus importantes. Cela aide aussi à identifier les leviers d’action car on le fait souvent pour aider des clients à développer des activités. Après, il faut aussi savoir suivre son feeling, être moins rationnelle et se lancer en se disant “je vais arriver à proposer des solutions pertinentes à un très gros problème”.

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