Conversation avec Aurore Abecassis : Fondatrice de Acmé (Première partie)

Conversation avec Aurore Abecassis : Fondatrice de Acmé (Première partie)

Nous avons discuté avec Aurore Abecassis, fondatrice de Acmé. Diplômée d’ HEC, elle a ensuite passé un peu plus de 3 ans chez Bain & Company. Aurore nous parle de sa transition entre le monde du conseil et de l’entrepreneuriat. Elle nous fait part de son expérience en tant que fondatrice et donne des conseils à ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’entrepreneuriat après le conseil.

Peux-tu nous présenter rapidement ACME et ton parcours?

J’ai créé Acmé qui était anciennement l’agence Fomo en juillet 2019. Avant Acmé j’étais en conseil et stratégie chez Bain et j’avais envie de monter une boîte pour disrupter une industrie. 

Je voulais attaquer l’univers de l’événementiel car ma motivation profonde c’est de vivre et faire vivre des expériences collectives. J’avais l’impression que l’événementiel B2B était un univers assez poussiéreux et peu innovant. Je me suis donc dis que mon background conseil en stratégie pouvait me permettre d’apporter un changement à cet univers en mettant en place de l’agilité, de la tech et de la méthode. 

C’est pour toutes ces raisons que j’ai créé l’agence Fomo, qui était à l’origine une agence physique. L’objectif était de rajeunir l’événementiel B2B avec une méthodologie assez spécifique au conseil d’identification du problème et de boucles d’itération avec le client.

Nous avons aussi intégré les outils de l’écosystème start-up en interne pour aller beaucoup plus vite. 

La Covid-19 est arrivée 6 mois plus tard, il a donc fallu pivoter. Le 18 mars il y avait un confinement et le 19 mars nous vendions déjà des événements virtuels. Notre agilité couplée à la méthodologie du conseil en stratégie nous a permis d’acquérir très rapidement de très gros clients. Aujourd’hui, nous travaillons avec des clients du CAC 40 comme LVMH, la SNCF ou encore ENGIE et des scale-ups comme AirBNB, UBER et BLABLACAR. 

Votre Pivot pendant le COVID: comment ça s’est passé opérationnellement? Quels ont été les défis majeurs? 

Nous nous sommes rendu compte avec mon équipe, que sur l’événementiel B2C, le digital fonctionnait bien avec les apéros virtuels etc. Le B2C va beaucoup plus vite que le B2B. Nous nous sommes donc beaucoup inspirés de ce qui se fait en B2C. Cela faisait sens pour nous car même lorsque nous opérons en physique, notre vision était de devenir le “Burning man” du B2B et la référence qualité de l’événementiel. 

Nous n’avions pas nécessairement anticipé que l’évolution digitale arriverait aussi rapidement car aucun de nous ne venait du secteur de l’événementiel. D’ailleurs c’est aussi cela qui nous a favorisés dans l’agilité car nous n’avions aucune habitude sur ce point. Il n’y avait pas d’inertie d’un grand groupe qui faisait que nous avions du mal à changer. Le plus important pour nous c’est d’être client-centric’, c’est-à-dire proposer une offre qui réponde à 100% à la demande du client.

Pendant cette période, ce qui a vraiment permis à Acmé de se faire connaître est le bouche-à-oreille. Nous avions une approche assez novatrice sur l’événementiel B2B. L’aspect le plus novateur, c’est de dire que l’événementiel est un moyen pour répondre à une problématique business et pas une fin en tant que telle. C’était nouveau pour nos clients qui étaient des DRHs et des directeurs de la communication. Pour la première fois, ils avaient une nouvelle vision de ce que pouvait être un événement. Cela les rendait beaucoup plus stratégiques dans l’entreprise avec beaucoup plus de parties prenantes. 

Les événements virtuels nous ont aussi donné énormément de visibilité sur les médias. En effet, nous avons fait des conférences et avons été interviewés sur BFMTV et dans des journaux comme Capital ou le Figaro. Ce sont les clients qui lisent ce genre de média qui nous contactent directement.

Quelle est ta vision pour le futur d’ACME et l’industrie? Je pense notamment au split entre physique et digital. 

C’est une bonne question, nous avons vraiment eu une forte traction. Nous avons généré 1M€ de CA sur le virtuel cette année, c’était notre objectif en physique. Fort de cette traction nous avons décidé de développer une offre beaucoup plus exhaustive. Aujourd’hui nous développons plusieurs expériences différentes mais nous n’avons pas d’offres intégrées et un lieu unique. C’est pour cela que nous avons changé de nom. 

Début 2021, nous avons lancé une plateforme qui avait un objectif double:  

(1) Réunir tous les évènements en un lieu unique qui serait le nôtre. 

(2) Avoir sur ce lieu unique une identité de marque qui transparaît sur la plateforme. Nous avons des graphistes et des designers qui travaillent sur mesure, dans l’univers de marque du client. 

Le digital va certainement continuer. Il semble être aujourd’hui devenu le “new normal” car les entreprises se sont mises au télétravail.

Nous avons décidé de nous renommer ACME en cohérence avec ce virage technologique que nous avons pris. Sur notre plateforme, la Acmé House, vous pouvez y trouver une démo qui montre aux clients ce que nous pouvons faire. 

Globalement sur l’année qu’il nous reste nous allons avoir la moitié des événements en physique et l’autre moitié sera en digital.

Quel a été l’apport du conseil pour créer ton entreprise?

Je pense que je n’aurais jamais pu monter cette boîte sans être passée par le conseil. Le conseil est une école de rigueur et d’excellence où tout est “processé”. Cela m’a donné envie de la recréer à ma sauce et j’utilise quotidiennement chez Acmé les méthodologies du conseil en stratégie. Grâce au conseil je vais beaucoup plus rapidement et je suis capable de faire les bons choix. Cette expérience m’a appris à raisonner, analyser et du coup à faire des choix pertinents et réfléchis. Le conseil en stratégie nous apprend aussi à bien nous entourer à savoir mobiliser les experts aux bons moments et avoir un bon réseau. En effet, cela nous permet d’avoir des réseaux en C-level.

C’est intéressant que tu dises que le conseil t’aide à prendre des décisions quand on entend souvent que les consultants n’en prennent pas.

Je vois ce que tu veux dire. Le conseil c’est beaucoup de théorie et peu de mise en pratique. En revanche, c’est très conceptuel et analytique donc le conseil nous apprend à bien décortiquer les problèmes et surtout à trouver des solutions.

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