RECRUTEMENT POST-COVID-19 : PAS UNE QUESTION DE SI, MAIS DE QUAND

RECRUTEMENT POST-COVID-19 : PAS UNE QUESTION DE SI, MAIS DE QUAND

Même si la France n’a été confinée que pendant les deux dernières semaines du premier trimestre 2020, le pays a connu sa plus forte contraction économique depuis 1949. Et même si le confinement a pris fin le 11 mai, il n’est pas évident que la situation s’améliore au deuxième trimestre. En effet, d’après l’INSEE, le PIB a connu une chute de 5,8%, faisant officiellement basculer la France dans une période de récession. Cette situation est similaire à l’international, étant donné que certaines industries ont été temporairement interrompues à cause de la pandémie, et le PIB mondial devrait connaître une contraction de 3%, d’après les prévisions du FMI.

Dans toute récession, l’état du recrutement est souvent un indicateur précoce de ce qui est à venir. Les entreprises ont pour habitude de reporter les nouvelles embauches jusqu’à ce que l’incertitude générale diminue. Toutefois, elles n’attendent pas nécessairement que la situation économique s’améliore : elles embauchent plutôt en fonction de leurs prévisions financières. D’après ce que nous pouvons observer, existe-il donc des signes précurseurs intéressants au niveau des rôles stratégiques, analytiques et commerciaux ?In any recession, recruitment is often an early indicator of what is to come. Companies put off hiring until uncertainties decrease. However, they don’t necessarily wait for financials to improve – they hire based on what they project their future financials to be. So are there any interesting early signs from what we’re seeing in recruitment across strategy, insights and commercial roles?

(1) Il s’agit plutôt de savoir quand, et non pas si, les embauches pourront reprendre :

Comme on pouvait s’y attendre, de nombreuses entreprises ont mis en pause leurs campagnes de recrutement lorsque la pandémie a commencé à frapper. Cependant, très peu d’entre elles ont laissé entendre qu’elles allaient complètement arrêter de recruter. Il est plutôt question de savoir quand, et non pas si, les embauches vont reprendre.

Cela indique que les sociétés s’attendent encore à une reprise relativement rapide, à un niveau d’au moins 90%. Les entreprises se sont retrouvées immobilisées par le manque de certitude et ont donc été réticentes à prendre des décisions qui pourraient s’avérer être des erreurs, mais la plupart seront encore en bonne santé financièrement lorsque la suite des événements sera plus claire et pourront donc recommencer à embaucher pour de bon. Nous prévoyons donc un pic d’embauche plutôt qu’un lent retour à la normale, au fur et à mesure que l’impact du coronavirus s’atténue et que de nombreuses offres d’emploi reviennent. Même s’il ne s’agit pas d’une reprise en « V », les entreprises ne s’attendent certainement pas à une reprise en « L ».

(2) Un impact très inégal selon les secteurs :

Bien que, dans l’ensemble, l’activité économique ait connu une chute drastique, avec une contraction de 33% pendant les deux mois de confinement, certaines industries s’en sont mieux sorties que d’autres.

Les secteurs du tourisme et de la restauration font partie des secteurs les plus touchés, au même titre que le commerce, hors alimentaire et pharmaceutique. Les entreprises se situant dans ces secteurs sont les rares à avoir dû complétement cesser d’embaucher, et ce probablement jusqu’à la fin de l’année, comme l’ont confirmé certaines entreprises avec lesquelles nous avons échangé sur le sujet. Cependant pour les entreprises qui auront tenu jusqu’à la fin du confinement, il y a de l’espoir étant donné que les millions de français qui sont restés confinés pendant deux mois cherchent à sortir et à se divertir, au fur et à mesure que les restrictions s’assouplissent et que les activités reprennent. On a déjà remarqué une augmentation de la consommation des ménages de 6% durant la première semaine de déconfinement.

D’autres entreprises, notamment celles qui peuvent opérer en ligne ou qui fournissent des services essentiels dans la lutte contre le COVID-19, ont été moins touchées par le confinement. Nous avons constaté, par exemple, que les entreprises d’e-Commerce et de santé embauchaient toujours car elles s’attendent à ce que les comportements aient changé de façon permanente bien après la pandémie.

Le virus a eu un impact mitigé sur les associations caritatives : une majorité d’entre elles ayant cessé d’embaucher, tandis que d’autres ont connu un regain de popularité et une augmentation de dons. Dans l’ensemble, elles ont enregistré une baisse de 48% du financement volontaire, tout en gérant simultanément une demande accrue pour soutenir les personnes les plus touchées. Afin de soutenir ces institutions, nous avons placé gratuitement 32 consultants indépendants et bénévoles dans des organisations qui soutiennent directement nos communautés durant la pandémie. Nous nous attendons à ce que les associations caritatives se rétablissent une fois le pire de la pandémie passé, étant donné que leur valeur est à nouveau reconnue. Mais nous vous encourageons à nous contacter si vous connaissez des projets que nous pourrions aider à mettre en place.

(3) Nous avons constaté la ténacité des plus grandes et petites entreprises, celles du milieu ont été le plus durement touchées :

L’impact du coronavirus n’a pas non plus été le même suivant les différentes tailles des sociétés. Nous constatons de plus en plus que ce sont les grandes entreprises et les plus petites start-up qui ont le mieux résisté au choc du COVID-19.

Il est compréhensible que les grandes entreprises, qui disposent de beaucoup de liquidités, aient pu se protéger. Nombre d’entre elles sont en mesure de tirer profit de la crise en poussant activement à l’embauche, en recrutant les bons talents et en dirigeant leur société sur la meilleure trajectoire sur le long terme.

Plus surprenant peut-être, les petites entreprises flexibles ont également été en mesure de se développer, du moment qu’elles ne se situent pas dans les secteurs les plus touchés, car elles ont su prendre les bonnes décisions et s’adapter beaucoup plus rapidement. Grâce à des frais généraux moins élevés, elles sont également en mesure d’accroître considérablement leur part de marché étant donné que les alternatives plus rentables sont convoitées d’avantage.

(4) Les travailleurs talentueux ont plus de temps pour rechercher des offres d’emploi qui pourraient piquer leur curiosité :

Les entreprises qui sont en meilleure santé financièrement ont trouvé que le moment était bien choisi pour recruter. Sur Movemeon, nous avons battu à deux reprises nos records du nombre de candidats actifs et du volume de candidatures en une semaine. De toute évidence, il y a donc plus de talents disponibles sur le marché.

Ce qui est potentiellement encore plus intéressant, c’est que nous constatons une activité beaucoup plus importante de la part des personnes toujours employées. Cela peut être le résultat d’une plus grande disponibilité pour réfléchir chez soi, ce qui donne aux gens l’occasion d’évaluer leurs différentes options et d’examiner ce qu’il y a d’autre sur le marché.

(5) Les entreprises se tournent vers la flexibilité du freelance :

L’incertitude de cette période a fait que les entreprises de toutes tailles, et ce dans de nombreux secteurs, ont eu la mission quasi-impossible de prédire ce à quoi ressemblera l’avenir de leurs activités. Les décisionnaires n’ont pas voulu s’engager dans des embauches permanentes pour subvenir à leurs besoins et se sont plutôt tournés vers le recrutement de travailleurs en freelance, qui peuvent répondre à un besoin immédiat sans prendre de risque. En témoigne l’augmentation de 43% du nombre de postes de freelance publiés sur movemeon.com en mars et avril dernier, par rapport à la même période l’année dernière. Nous avons déjà constaté une tendance à l’embauche en freelance au cours de ces dernières années, mais nous prévoyons que cette tendance s’accélèrent au cours des prochains mois.

Conclusion

Il n’est pas surprenant que le recrutement soit très inégal selon les secteurs d’activité : les restrictions sur les interactions sociales n’ont pas le même impact sur toutes les entreprises. Il y a deux choses à retenir sur ce qui est le plus intéressant :

  1. Le fait que les entreprises s’attendent à reprendre un retour à la normale plus tôt que prévu. Cela suggère que, même si un rétablissement en « V » est fortement improbable, les cicatrices économiques pourraient ne pas être aussi graves que beaucoup le craignaient.
  2. Les entreprises qui le peuvent, profitent de cette période pour attirer de nouveaux employés talentueux et se préparer correctement pour la prochaine période de croissance. Les entreprises en bonne situation financière, ou les secteurs qui ont été les moins touchés, agissent avant que la situation économique ne commence à s’améliorer, de sorte à ce qu’elles soient les premières à profiter des talents disponibles.

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