Simon nous raconte la création d’une start-up en Afrique

Simon nous raconte la création d’une start-up en Afrique

Peux-tu nous décrire avec tes mots ce que fait OKO ? 

Il y a environ 500 millions d’agriculteurs dans le monde, ce qui fait de l’agriculture l’une des professions les plus courantes. Pourtant, ils n’ont aucun moyen de sécuriser leurs revenus lorsqu’il n’y pas suffisamment de pluie, trop de vent ou que les températures ne sont pas clémentes. OKO répond à ce besoin en assurant les récoltes des agriculteurs.

Comment en es tu arrivé à créer une assurance pour les agriculteurs ? 

J’ai découvert les télécoms et le paiement mobile, et notamment leur impact sur le conseil dans les pays émergents. Ensuite grâce à mon expérience chez Bima, que j’ai rejoint via Movemeon, j’ai découvert le paiement mobile pour l’assurance.

Ensuite, je suis allé vérifié que le besoin identifié était un vrai besoin. Je suis allé rencontrer des agriculteurs pour voir comment ils travaillaient, etc. J’ai fait cela lorsque j’étais encore chez BIMA pendant mes weekends. A ce moment là, j’étais encore tout seul puis après 3 mois, j’ai trouvé mon CTO et aujourd’hui nous sommes 8 à temps plein et jusqu’à 130 pendant la période de vente. 

Nous avons récemment passé un cap important : prouver que nos clients sont capables de payer pour notre produit. La prochaine étape est d’atteindre le seuil de profitabilité et ensuite de s’étendre dans différentes zones géographiques.

Pourquoi avoir choisi d’entreprendre en Afrique ? 

J’avais déjà fait des missions de conseil sur la “mobile money” et son fort impact en Afrique ainsi qu’en Asie du Sud est et Amérique Latine. Puis j’avais aussi plusieurs expérience dans des pays émergents comme la Papouasie. A mon sens, c’est plus gratifiant d’entreprendre dans un pays en développement car il y a des services plus essentiels à apporter. Je discutais avec un investisseur qui me disait que c’est rafraîchissant de voir des projets apporter un réel impact plutôt que des gains marginaux, comme gagner 5 minutes sur la livraison d’une pizza par exemple.

A quoi ressemble l’écosystème start-up dans les différents pays d’Afrique ?

L’écosystème en Afrique est plus régional que national. Il y a beaucoup de synergies entre les pays. Par exemple l’Afrique de l’ouest a la même monnaie ainsi que le même régulateur centralisé à travers les différents pays, donc c’est plus simple. Il y a aussi des acteurs présents dans la majorité des pays comme Orange avec qui on travaille, ce qui facilite l’expansion internationale.
Pour le moment les marchés nationaux seul ne sont pas assez gros pour le modèle start-up avec une croissance forte sur une dizaine d’années.

Cependant j’ai vu un changement ces dernières années ; on ne cherche plus à répliquer des solutions existantes dans les pays développés comme l’a fait Jumia, mais on crée des solutions propres au marché africain comme Zipline qui envoie des médicaments par drone.

Enfin au niveau des investisseurs, il y en a moins qu’en Europe. Certains fonds européens ont un fond dédié à l’Afrique, comme Orange Digital Ventures ou Partech, et les fonds africains sont plutôt dans les pays Anglophones comme le Nigeria et l’Afrique du Sud, et dans une moindre mesure sur l’île Maurice. On constate qu’il y a une carence en Afrique de l’Ouest.

Pour revenir sur ton parcours, est-ce que tu regrettes de ne pas avoir entrepris plus tôt ? 

Pas du tout, le conseil est vraiment très formateur. Etre Consultant et Manager apprend énormément de problématiques marketing et finance, et enseigne la maîtrise d’outils comme PowerPoint ainsi qu’être à l’aise pour communiquer avec des exécutifs. A mon sens, le piège du conseil est d’y rester trop longtemps.

Lorsque je recherche des candidats, je valorise particulièrement ceux qui ont deux à quatres ans d’expérience dans le conseil.

Est-ce que tu avais l’entrepreneuriat en tête dès le début ? 

Je l’avais vraiment peu en tête. Mon père était entrepreneur et je n’avais pas du tout envie de vivre la même vie. Cependant, plus tard, j’ai rejoint une start-up, puis je suis devenu CEO local et c’est très difficile de revenir en arrière et devoir rendre des comptes à un supérieur.

Vous avez des employés au Mali, en Ouganda, au Luxembourg et en Israël, est-ce un challenge pour construire une entreprise ?

Le gros challenge est de créer une culture d’entreprise. On passe un appel d’une à deux heures chaque semaine pour parler des problématiques professionnelles, et c’est aussi l’occasion de parler un peu de sujets plus personnels. On fait également des jeux en ligne tous ensemble.

Pour ce qui est de l’aspect télétravail, beaucoup de gens aiment travailler chez eux. Cela leur permet d’être plus flexible et d’avoir leur propre rythme.

L’autre challenge c’est au niveau du feedback. Sans coin café, il faut trouver d’autres moyens de faire remonter les différents retours de manière informelle.

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